mardi 23 août 2011

Les coléoptères dans l’art !

Les coléoptères sont un groupe d’insectes qui possèdent des élytres et présentent la plus grande diversité en termes de nombre d’espèces (300 000 tout de même). On retiendra à leur sujet la célèbre citation du biologiste britannique John Haldane (fondateur de la génétique des populations): "le Créateur, s'il existe, a une passion démesurée pour les coléoptères ! " Evidemment le rôle écologique des coléoptères est important mais avant cet été je n’aurai pu imaginer qu’un coléoptère contribue physiquement à une œuvre artistique !


En vacances* à St Paul de Vence, sur le chemin de la magnifique fondation Maeght, j’ai pu visiter la galerie Guy Pieters et découvrir le travail de l’artiste belge Jan Fabre. Cet artiste complet est à la fois dessinateur, sculpteur, metteur en scène et chorégraphe, propose un travail assez surprenant et parfois un peu trash… Il utilise par exemple des os humain broyés pour ses sculptures, ou encore ses propres « fluides corporels »… Jan fabre précise également être entomologiste et même le descendant de Jean-Henri Fabre, entomologiste et écrivain français... mais ça reste à prouver !



En tant que biologiste l’œuvre qui a le plus retenue mon attention est cette sculpture réalisée avec des scarabées fixés sur une armature métallique représentant une sorte de robe ou de personnage féminin fantomatique. On retrouve ici un thème récurrent de son œuvre : la mort et la décrépitude.
Jan Fabre précise d’ailleurs que « le scarabée est un être qui défie le temps. Avec raison les Égyptiens en ont fait un symbole de l'éternité. En termes actuels on pourrait dire qu'il est comme un ordinateur, il garde la mémoire du vivant ».

Renseignements pris auprès de la propriétaire fort sympathique de la gallerie, les scarabées de Jan Fabre à priori une majorité de Callopistus castelnaudi, sont élevés en Amérique du Sud et traités avec un produit particulier afin de mieux les conserver. Cela n’empêche cependant pas l’œuvre de dégager une certaine odeur apparemment assez forte au moment de l’installation de celle-ci dans la galerie.

[ Après autorisation, j’ai pu prendre quelques photos qui ne libèreront aucune odeur à travers l’écran de votre ordinateur. Les entomologistes peuvent laisser le résultat de leur diagnose éclairée en commentaire…]

Jan Fabre s’attaque aussi à des structures de plus grande taille en recouvrant les colonnes d’un amphithéâtre de jambon à l’université de Gand… (Après une infestation importante de mouches, il a fallu recouvrir les colonnes de cellophane, puis finalement retirer le jambon pour cause de moisissure). Mais son œuvre la plus connue est sans doute la couverture du plafond du palais de la salle des glaces du palais royal de Bruxelles, avec 1,4 millions d’élytres de scarabées (2002).


On appréciera ici comme dans les œuvres présentées ci dessous les magnifiques couleurs irisées allant du bleu au vert présentes à la surface des élytres des scarabées. 
Les élytres qui correspondent à la première paire d’ailes modifiée ont pour fonction principale la protection de la paire d’ailes qui servent au vol. Elles peuvent aussi constituer un signal de danger pour les autres organismes (aposématisme) que nous sommes ravis d’admirer sur les œuvres de Jan Fabre comme sur les ailes des petites coccinelles où nous comptons avec plaisir un certain nombre de points qui n’ont bien sur aucun lien avec l’âge de ces dernières…

*: Le terme vacances s'applique également à l'écriture de billets sur mon blog, et bien sur en tant que Pff... "Prof fonctionnaire fainéant" ... 2 mois sont un minimum ! Ceci dit la cadence de 1 à 2 articles mensuels devrait reprendre d'ici peu...

2 commentaires:

Goulu a dit…

Un bijoutier genevois, Gilbert Albert, a aussi utilisé des scarabées dans ses créations. Quelques exemples sont visibles ici : http://richardjeanjacques.blogspot.com/2008/11/gilbert-albert-scarabes-et-bijoux.html

Zenobia a dit…

Barbarie!!

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